LA PEUPLADE DES SEXES
Ci- après, vous trouverez le rapport d’un corps expéditionnaire qui fut envoyés sur une île nouvellement découverte pour observer comment depuis des millénaires la vie s’était développée en
complète autarcie.
Dès leur débarquement, ils avaient semble t’il concentré leurs observations sur un drôle de petit animal, non vertébré, constitué uniquement
de cartilages et de muscles. Voilà fidèlement retranscrite la narration de leur découverte et de leurs observations.
Le récit :
Des nos premier pas sur la plage de sable fin, nous pûmes observer que celle-ci était criblée de petits trous de la taille d’un cul de
bouteille. Chacun d’entre nous pensa qu’il s’agissait d’autant de refuge creusé par une sorte de crabes proches de ceux que nous connaissions.
Il n’en n’était rien.
Ces animaux, pas plus gros que des rats apparurent d’abords sous la forme de bananes roses montées sur six pattes. C’était, nous
l’apprîmes plus tard, les mâles de cette espèce.
Les femelles plus timides, sortirent plus tard. Elles étaient radicalement différentes de leurs congénères masculins. En fait leur forme
était celle d’un anneau horizontal monté également sur six pattes. Lorsqu’ils furent habitués à notre présence, nous pûmes étudier leur jeu favori, qui était de se précipiter les uns
vers les autres jusqu'à la collision, si c’était deux mâles et jusqu’à la fusion si ils étaient de sexe opposé.
Car dans ce dernier cas de figure, au dernier moment, la femelle se redressait sur ses pattes arrières, ouvrant tout grand son anneau, pour éviter une rencontre brutale. De ce fait le mâle passait au travers avec un plaisir évident. Il nous sembla que
c’était le but recherché.
En effet nous découvrîmes plus tard qu’après ces jeux, les femelles pondaient des œufs qui après trois jours éclosaient pour donner
naissance à une nombreuse progéniture.
Il y avait parfois des accidents. Ceux-ci survenaient lorsque plusieurs mâles, (jusqu’à trois ou quatre) se précipitaient en même temps vers
la même femelle. Alors, les malheureux restaient coincés dans l’anneau, sans pouvoir avancer ni reculer. Auquel cas, ils finissaient tous, (mâles et femelle) par mourir sur place, d’épuisement et
d’inanition. Car nous nous gardions bien d’intervenir dans leurs ébats, afin d’éviter toute perturbation de leur vie sociale et leur organisation.
Nous finîmes par capturer quelques spécimens pour pouvoir les étudier de plus près. Après dissection, quelle ne fut pas notre surprise de
constater qu’il s’agissait d’une espèce primitive de sexes indépendants, vivant à l’état sauvage, et comparable à ceux d’êtres humains, fait de cartilages et de muscles. Nous en fîmes la
douloureuse expérience quelques jours plus tard.
En effet, notre spécialiste en biologie une adorable jeune femme de trente cinq ans qui dormait nue, se fit attaquer durant son sommeil par
cinq mâles de cette espèce inconnue sous nos latitudes.
Nous accourûmes à ces cris, mais trop tard pour lui venir en aide. Le mal était fait.
Sept semaines plus tard, elle accouchait dans d’atroces souffrances, d’un énorme sexe mâle de sept kilos. Elle en mourut.
Notre erreur fut de vouloir conserver un certain temps, pour étude, cette aberration de la nature, avant de l’euthanasier. En effet, nous
découvrîmes que ce croisement hors normes, avait provoqué une mutation génétique. Le sexe mâle était né hermaphrodite et il grossissait à vue d’œil.
En une seule nuit, il se reproduisit en dix exemplaires. Ensemble, ils n’eurent aucun mal à briser la cage de bois qui les retenaient
prisonniers, de s’enfuirent et de disparaître dans l’épaisse végétation qui recouvrait l’île en grande partie. Ils réapparurent deux mois plus tard, en horde.
Quand vous trouverez ce récit, nous ne serons certainement plus de ce monde.
Car, nous sommes, chaque soir attaqué sans relâche, par ces brutes qui crachent des boulets de gel stratifié et mortels. Que Dieu, qui est
grand, nous garde de cette engeance et qu’il nous reçoive dans sont paradis en nous pardonnant nos fautes.
Ici prend fin le récit de ces intrépides explorateurs.
C’est à l’armée que revint le soin d’atomiser purement et simplement, cette partie de la croûte terrestre.
Cependant, la question est posée : Sommes nous vraiment débarrasser définitivement de ces animaux nuisibles ? Rien n’est moins
sûr.
En dernière nouvelles, il semblerait que des marins aient aperçu au large des côtes Anglaise
une nouvelle espèce de gros poissons très agressifs ressemblants à des sexes humains dotés de six membres.
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