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D IWAN LEMAIRE

 

 

 

 

 

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Samedi 6 octobre 2007
WANWAN OU LE TEMPS EST EPOUVANTABLE

CHAPITRE 1

SUITE
PAGE 10


L’homme enfin s’endormi.
Un grésillement incongru vint hachurer ce vide absolu.

Sa zone protégée vola en éclat.

Le téléphone sonnait, agressif.

Il se leva en maugréant. Peut-être s’agissait-il de techniciens en train de tester sa ligne. Sans transition, le sinistré se retrouva le cornet à la main, la tête bourdonnante.

             - Allo ?

Cette fois, il n’y avait plus de friture. Il entendit juste un souffle. Comme si quelqu’un respirait trop près du combiné.

- Allo, oui j’écoute, qui est à l’appareil ? Parlez !!! Vous m’entendez ?

Une voix, enfin, se décolla du silence.
             - Allo ? …Wang ?
             - Oui, c’est moi.

             - C’est ton père à l’appareil. Bon anniversaire mon fils.

             - Ah …papa… qu’est-ce qui ....

             - Attend je te passe ta mère, Je suis près d’elle.

- Mais qu’est-ce que tu racontes Papa ? Tu sais bien que maman est … partie. Elle est morte depuis plus de sept ans.

Une douleur ancienne se fraya un chemin et remonta en lui… elle le frappa au creux de l’estomac. Il eut mal.

 
par IWAN LEMAIRE - Travaux artistiques - Articles publié dans : wanwan (roman initiatique)
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Vendredi 5 octobre 2007

Wan wan ou le temps est épouvantable
   CHAPITRE 1

SUITE
PAGE 9

 

La nuit étant déjà bien avancée, il hésitait à partir dans la précipitation.
L’homme poussa le nez dehors et huma l’air alentour comme s’il cherchait une réponse, un indice, un signe de quelqu’un ou de quelque chose qui en jouant le rôle d’une balise indicatrice, aurait pu quasi décider à sa place. Mais, il ne reçu de réponses que du silence qui l’entourait et qui meu­blait habituellement la période de calme suivant les tempêtes.

 

Le simple bon sens lui suggéra de passer une dernière nuit sur place, puis de partir à l’aube sans se retourner. Maintenant, c’était parfaite­ment clair. Il s’en irait dès le levé du soleil.

Cette décision prise, l’homme se sentit plus léger et l’esprit momentané­ment dégagé. Après avoir traîné son divan-lit à

l’autre bout de la pièce, pour éviter de s’allonger sous des infiltrations d’eaux, il se coucha, bien dé­cidé a s’endormir d’un sommeil qu’il espérait lourd. Un de ces endormissements générateurs d’amnésie temporaire, qui lui donneraient la possibilité de souffler un instant, juste le temps d’oublier tout, l’espace d’une courte nuit.

Plein d’amertume et le cœur sec, sa pensée vacilla avant de s’endormir. Des questions qu’il ne s’était plus posé depuis l’adolescence, affleuraient en surface.

Qui suis-je ? Que suis-je ? Où vais-je ? Qu’est-ce que la vie ? Pourquoi le sort s’acharne t’il contre moi ?

Autant d’énigmes qui resteraient pour l’instant sans réponse, car ces interrogations surgies de fond de lui-même, s’évanouissaient à peine écloses, générant plutôt les prémices d’un sommeil rétif. Finalement, il ne pu résister aux bras de Morphée trop accueillants et se laissa glisser vers eux. Alors, le temps imperceptiblement suspendit son cours. Son esprit vagabond plana sans attache sur une mer de tranquillité. L’homme enfin s’endormi.

L’homme poussa le nez dehors et huma l’air alentour comme s’il cherchait une réponse, un indice, un signe de quelqu’un ou de quelque chose qui en jouant le rôle d’une balise indicatrice, aurait pu quasi décider à sa place. Mais, il ne reçu de réponses que du silence qui l’entourait et qui meu­blait habituellement la période de calme suivant les tempêtes.

 

Le simple bon sens lui suggéra de passer une dernière nuit sur place, puis de partir à l’aube sans se retourner. Maintenant, c’était parfaite­ment clair. Il s’en irait dès le levé du soleil.

Cette décision prise, l’homme se sentit plus léger et l’esprit momentané­ment dégagé. Après avoir traîné son divan-lit à

l’autre bout de la pièce, pour éviter de s’allonger sous des infiltrations d’eaux, il se coucha, bien dé­cidé a s’endormir d’un sommeil qu’il espérait lourd. Un de ces endormissements générateurs d’amnésie temporaire, qui lui donneraient la possibilité de souffler un instant, juste le temps d’oublier tout, l’espace d’une courte nuit.

Plein d’amertume et le cœur sec, sa pensée vacilla avant de s’endormir. Des questions qu’il ne s’était plus posé depuis l’adolescence, affleuraient en surface.

Qui suis-je ? Que suis-je ? Où vais-je ? Qu’est-ce que la vie ? Pourquoi le sort s’acharne t’il contre moi ?

Autant d’énigmes qui resteraient pour l’instant sans réponse, car ces interrogations surgies de fond de lui-même, s’évanouissaient à peine écloses, générant plutôt les prémices d’un sommeil rétif. Finalement, il ne pu résister aux bras de Morphée trop accueillants et se laissa glisser vers eux. Alors, le temps imperceptiblement suspendit son cours. Son esprit vagabond plana sans attache sur une mer de tranquillité. L’homme enfin s’endormi.

par IWAN LEMAIRE - Travaux artistiques - Articles publié dans : wanwan (roman initiatique)
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Jeudi 4 octobre 2007
Wan wan  ou le Temps est épouvantable 
Chapître 1
suite
page 8

Il semblait qu’une période se terminait pour lui et qu’une autre commençait a partir de laquelle il allait à nouveau devoir réapprendre à mourir plusieurs fois par jour, encore et encore, en boucle, sans fin et d’ailleurs sans remède possible, car l’agonie n’était pas une maladie.

Il avait l’impression que son corps, n’était qu’un Sarcophage, une prison. Alors que sa pensée, elle… !!!

C’était toujours comme cela lorsque la pression était trop forte. Il se dissociait. Dans ces cas d’extrêmes angoisses, il se sentait divisé, éclaté. Cependant, il n’avaient jamais approfondi la réflexion sur le pourquoi et le comment de ces états subtils émotionnels. Ils avaient toujours été présents, voilà tout. Cela se traduisait par un mal être destructeur, qui lui pourrissait l’existence.

Celle-ci n’avait pas été de tout repos et même franchement dégueulasse. Il repoussa les souvenirs qui tentaient de refaire surface.

Un visage tremblotant se dessina dans les méandres de son

cerveau. Il ferma les yeux et secoua la tête pour chasser de son esprit l’image de la femme qu’il avait aimée. Celle qui lui avait donné ce bel enfant. Pour positiver il voulu revenir a la dure réalité et l’affronter. Il fallait s’en aller de là ; fuir. Après avoir jeté un regard circu­laire, force fut de constater que rien ne le retenait plus ici. Il avait dépensé ses derniers sous pour cette maison à présent en ruine et n’avait plus envie de travailler pour reconstruire quoi que ce soit.

La nuit étant déjà bien avancée, il hésitait à partir dans la précipitation.

 
par IWAN LEMAIRE - Travaux artistiques - Articles publié dans : wanwan (roman initiatique)
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Mercredi 3 octobre 2007
WAN WAN OU LE TEMPS EST EPOUVANTABLE CHAPITRE 1
SUITE
PAGE 7


Etrange, pensa t’il, c’est juste aujourd’hui, quarante ans après ma naissance, que tout les évènements négatifs sont en train de converger et de se donnent rendez-vous au point zéro, pour une mise à mort...

- MA mise à mort !!! Se dit-il. Oui, il était vieux.

L’homme brusquement plongé dans ses réflexions, semblait ne pas entendre les « Allo » répétés de la jeune fille.

Il pensait, que compte tenu de l’écoeurement qu’il éprouvait et de l’état de la maison à moitié détruite, que le mieux était de partir au plus vite. Quitter ce qui était devenu désormais sa dernière demeure, sans pour autant avoir été son cercueil. Mais, il s’en était fallu de peu.

- Allo Papa… ? S’égosillait Babeth

Le Père toujours plongé dans ses pensées ne réagissait toujours pas aux appels de sa fille. La fatalité lui apparu extrêmement pesante et insupportable. Pourquoi sa femme était-elle partie ?

-         Papa tu es encore là ?, C’est bizarre j’entend ta respiration… est-ce que ça va ? S’inquiéta la jeune fille troublée par ce long silence.

- Oui…oui, ça va… et toi ?…et Maman ?... Vous allez     bien ?  

Un sifflement strident lui répondit. Il éloigna d’un geste brusque le combiné de sa tête, en maugréant contre cette communication hachée, qui de plus, lui brisait les tympans. Un bref instant s’écoula, avant qu’il ne colla a nouveau son oreille à l’écouteur sans que plus aucun signal ne lui parviennent. La coupure semblait définitive. Il raccrocha. Sa tête était comme une boite vide.

Comme sonné, Il constata fataliste que son anniversaire était tombé précisément cette nuit cauchemardesque ou le feu du ciel s’était révélé un agent de destruction et de mort, plutôt que de renaissance et de vie. Il semblait qu’une période se terminait pour lui et qu’une autre commençait a partir de laquelle il allait à nouveau devoir réapprendre à mourir plusieurs fois par jour, encore et encore, en boucle, sans fin et d’ailleurs sans remède possible, car l’agonie n’était pas une maladie.

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Dimanche 30 septembre 2007
                    CHAPITRE 1
                                                                                    SUITE
                                                                                   PAGE 6

 A l’autre bout du fil l’adolescente s’époumonait :
- uis …fem ….ai inzan. Téléphon  … our… niversaire.
- Quoi, qu’est-ce que tu racontes ? Ca grésille…Tu veux dire que…c’est ton anniversaire ? Tu as eu quinze ans aujourd’hui ? Bon Dieu ce n’est pas possible, Excuses moi…je….
Le père se laissa tomber sur le premier siège venu, les jambes coupées à l’idée de ne pas avoir été à la hauteur, d’avoir oublié. Il se releva aussitôt. La chaise, recou­verte de tissus, était imbibée d’eau. Il jeta un regard vers le plafond lézardé et constata que l’eau, y suintait goutte à goutte.
- Je dois quitter cette baraque, pensa t‘il. Puis reprenant ses esprits, et continuant la phrase qu’il avait interrompue un bref instant, il reprit:
- Excuses moi, j’ai du oublier, je pensais que….plaida t-il, coupable.
Derechef, sans transition, les paroles de la jeune fille surfant à nouveau sans contrainte redevinrent audibles.
- Enfin non, Papa, ce n’est pas le mien, mais le tiens, insista t’elle, c’est ton anniversaire…. Tu as quarante ans aujourd’hui. Qu’est-ce que ça fait d’être vieux ? Fit elle enjouée. Mais d’abord, est-ce que tu te sens vraiment vieux ?
- Euh oui, …je veux dire non…enfin…, un peu, bégaya t’il.
En réalité, il se sentait plus que vieux ; anéanti, détruit. Il avait mille ans. Il était sans âge.
Etrange, pensa t’il, c’est juste aujourd’hui, quarante ans après ma naissance, que tout les évènements négatifs sont en train de converger et de se donnent rendez-vous au point zéro, pour une mise à mort...

 

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Lundi 24 septembre 2007
WAN WAN OU LE TEMPS EST EPOUVANTABLE

CHAPTRE 1
(suite)
Page 5


La voix taquine, était redevenue nette et claire, portée par on ne sait quelle alternance sinusoïdale électrique.

Elle réprimanda.
- Et puis ne m’appelle plus Boutchou, je ne suis plus un bébé.

    - C’est vrai concéda t’il, je dois absolument m’habituer à      t’appeler Babeth.

                - Elisabeth, ce serait encore mieux fit t’elle remarquer.

- C’est vrai mon Bébé, tu es une grande fille maintenant.

Lâcha t’il, en essayant de contenir l’angoisse qui l’étreignait.

Alors il temporisa.

- Treize ans ça commence à compter.

- Quinze …, le reprit t’elle

Le père du Boutchou eut l’impression qu’il disait n’importe quoi. Qu’il n’était pas réellement présent. La sensation d’être à la fois ici et ailleurs, le perturbait.

Pourtant, serrer sa petite fille dans les bras et lui montrer combien il l’aimait, était un rêve qui lui tenait à cœur. Un jour peut-être…. mais pour l’instant la revoir était du domaine de l’utopie. Elle était inaccessible.

- Papa tu te trompes toujours…J’ai 15 ans…A présent je   suis une femme.

- Je te comprends mal, il y a de la friture sur la ligne.

Les derniers mots furent à nouveau mangés par des parasites virtuels géné­rés par la charge électrique que l’orage avait laissé derrière lui.

A l’autre bout du fil l’adolescente s’époumonait :

- uis …fem ….ai inzan. Téléphon … our… niversaire.
 
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Samedi 22 septembre 2007
WAN WAN 
OU
LE TEMPS EST EPOUVANTABLE


CHAPITRE 1
(SUITE)
"PAGE 4"


- Quoi, encore ?

Le téléphone continuait de sonner.

- Tiens, le téléphone fonctionne, c’est déjà ça, ironisa t’il, 

La colère fit place à un sentiment de lassitude.

Il se précipita à l’intérieur en se demandant qui pouvait bien l’appeler à cette heure. Il était minuit.

Il décrocha et ne trouva personne au bout du fil, il n’y avait que des grésillements. Encore tendu, son oreille collée au combiné et le sourcil froncé, il semblait interroger le vide. 

-Allo… Allo ? Répétait il, élevant la voix crescendo.

Soudain, très lointaine, une voix juvénile émergea dans un brouillard électrique.

                                   - Allo …apa ? ...oulai…êt …a …remière.

Il cru reconnaître sa fille, Elisabeth, Babeth, son bébé, son boutchou.

         - Allo Boutchou ?…c’est toi ?

Boutchou ! Ce surnom, était tombé de ses lèvres dès qu’il l’avait vue sortir du ventre de sa mère. Boutchou, autant dire, un morceau de fille, sans commune me­sure avec un être adulte. Un mignon petit bout de chair uniquement préoccuper par : « le boire, le manger et le dormir » Un moignon d’humain braillard, éternuant, pissant et déféquant en toute liberté, sans le moindre scrupule. Un amour de bébé des plus normal qui soit.

- Ben oui quoi, c’est moi ! S’énerva t’elle en ajoutant, perfide; …à moins que tu aies fait plein d’enfants partout sans avertir.

 
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Jeudi 20 septembre 2007
WAN WAN OU LE TEMPS  EST  EPOUVANTABLE

CHAPÎTRE 1
(suite) page 3

Le poing tendu, la bouche tordue et le regard sombre, il lança des imprécations vers le ciel, courroucé lui aussi, mais apparemment indifférent a son malheur.

-         Pourquoi moi, sacré nom de Dieu, pourquoi faut-il que ça m’arrive à moi, alors que je venais de finir de la payer cette maison.

Mais qu’est-ce qu’on me veux putain ? Je n’ai vraiment pas mérité çà. Qu’est-ce que j’ai fait bordel ? Ce n’est pas juste. Il grommela :

-         Le monde ? absurdité, aberration et non sens.

Tête basse, Il laissa retomber les bras. Ses pensées se mirent a jouer au yoyo.

Oh, comme il là détestait son existence. Mais après tout, n’était-ce pas lui-même qu’il haïssait ? N’ayant d’autre repaire, que sa personne, il ne pouvait même pas prier. Il aurait bien voulu. Cependant sa culture de la logique analytique rendait la chose improbable sinon impossible. Ne croyant qu’en lui, il ne le pouvait pas tout bonnement. Déstabilisé par son impuissance, il se mit à hurler.

- Tu ne peux pas exister. Tu n’existes pas, et tu n’existeras jamais. Va te faire fouuuuuutre… Dieu de merde!!!

L’orage s’arrêta soudain. La pluie cessa. Les roulements du ton­nerre s’éloignèrent, s’atténuèrent et disparurent.

Un silence impressionnant s’installa. L’homme fut troublé par ce changement soudain, surpris par ce qui ressemblait à une réplique cé­leste. 

Une sonnerie retentit. Furibard, Il tourna la tête vers la porte restée ouverte.

 

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Mercredi 19 septembre 2007

WAN WAN ou LE TEMPS EST EPOUVANTABLE


CHAPITRE 1

page 2


L’homme qui venait de surgir, était torse nu. Il tenait dans une main sa chemise qu’il avait happé au passage, lorsque le tonnerre de feu était venu assourdir son existence.

Les bourrasques redoublaient d’intensité. Désemparé, scrutant l’obscurité, l’occupant des lieux essayait de distinguer quelque chose.

 C’est à ce moment que les nuages s’écartèrent comme un rideau sur une tragédie. Un rayon de lune se fraya un chemin jusqu’ au sol, démasquant la scène. L’homme incrédule, la face fouettée par la pluie, passa une main sur son visage.

- C’est un cauchemar ! Murmura t-il en contemplant l’étendue des dégâts.

Puis refusant d’admettre la réalité, il repris sur un ton a peine audible :

- Ce n’est pas vrai, c’est un cauchemar.

Son souffle était court ; sa poitrine haletante.