UN ACCIDENT EVITE DE JUSTESSE à CANCUN
Hier, Dag le capitaine du bateau recevait quelques amis. Certains prirent congé très tôt.
Restèrent un couple et un ami de 10 ans.
Finalement, ils m’invitèrent à finirent la soirée au restaurant.
Les discutions d’affaires (en espagnole) sur l’avenir du bateau pour son exploitation touristique, me prirent la tête à un
point de souhaiter que cela finisse très vite.
Ils burent, mais je n’en avais nulle envie, aussi je m’en tins à l’eau.
En définitive nous sommes restés à trois autour de la table, à regarder le temps s’étioler. Dag et son ami d’une décennie, discutant
à tout rompre et moi, à m’ennuyer.
Nous finîmes par reprendre le chemin du bateau, l’ami en question ayant décidé de dormir sur une des banquettes du trois mats.
Il faut dire que pour pénétrer dans le bateau c’est tout un sport. Il n’y a en effet aucune passerelle reliant le ponton à une des
ouvertures du bastingage.
La distance les séparant, variant de un à deux mètres, selon les mouvements du bâtiment. Il faut, soit sauter, soit enjamber en faisant quasi le grand écart,
soit se servir d’ un cordage traversant le passage de biais , en bref il faut se débrouiller.
Ce soir là, l’écart était grand.
Dag le capitaine passa le premier.
Moi en second, je me servi du cordage comme point d’appui intermédiaire.
Le troisième devait me suivre. Il avait beaucoup bu.
J’avais fait déjà quelques mètres sur le pont, lorsque je me retournais à demi pour voir si tout se passait bien. C’est alors, que je compris
en une fraction de seconde que l’homme resté en arrière s’était élancé sur le cordage en ne tenant pas compte de sa tension ultime et donc de l’élasticité nécessaire pour un rebond efficace
jusqu’au plancher du trois-mâts. En un bond j’étais à pied d’œuvre, juste au moment ou l’ami, une main (tenant encore son verre de bière) accrochée à un rebord du bastingage ayant un pied
collé contre la parois du bateau, avait sa jambe repliée, au point que son genoux touchait son menton. L’autre pendait dans le vide
Il tenait surtout par adhérence, sa tête était à hauteur de mes pieds. Son poids l’entraînait vers le bas et sa main restée libre était
désespérément tendue vers un secours improbable, car il se croyait seul. Puis il me vit. Pas un mot ne sortait de ses lèvres, seuls ses yeux agrandit par la peur soudaine, criaient à
l’aide.
D’une main je pris la sienne et de l’autre son poignet. Sans coup férir j’exerçais une grosse traction sur lui. Il prit alors le relais,
musculairement parlant, pour prendre pieds définitivement sur l’énorme coquille de noix.
Au passage, je fus aspergé de bière, et je vous jure qu’il en restait encore dans son verre à la fin de l’opération de
sauvetage.
Merci, merci, fit il en anglais, d’autant plus que je ne sais pas nager.
Ouf on l’avait échappée belle.
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