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LE BOULOUK FACE AU NEANT
La pitié, voir la compassion, le prend au ventre. Tout de go, il tombe à genoux, se signe et s’écrie :
-Mon dieu que ta volonté soit faite et non le mienne.
Le Boulouk à soudain, comme d’habitude un éclair de génie. Il voit dans ces trouvailles un signe concomitant du destin. Ne faisant ni une ni deux, il se relève, fourre l’oiseau dans la chaussette et jette un regard circulaire pour voir si dans les rigoles avoisinantes ne se trouve pas une grille d’égout. Justement à deux pas il y en à une. S’en approchant jusque à là surplomber, il glisse entre les barreaux le défunt oiseau dans son cercueil de laine. A sa grande surprise, le gros plouf que le Boulouk attendait, est fortement atténué. La chaussette et son contenu est tombée sur quelque chose.
Il écarquille les yeux et distingue dans la pénombre de la fosse un petit visage qui lui ressemble. Serait-ce une tortue ?
Non, c’est un nouveau né complètement mort qui le regarde de ses yeux vides d’une manière insistante, mais apparemment sans volonté de nuire. Et pour cause, puisque il est sans vie, et donc dispensé d’exercer son libre arbitre. Célestin-Robespierre se prend à l’envier. Leurs regards se croisent une dernière fois. Serait-ce de l’amour qui s’en dégage, électrifiant l’air ambiant ? Non, ce n’est qu’un orage qui se prépare, zébrant le ciel de ses zigzags.
Le Boulouk, rentre le cou, relève le col de son manteau et s’éloigne comme un charlot esseulé s’abîmant involontairement dans une réflexion métaphysique sur l’être et le non être.
FIN